Conflits homme animal | WWF France


Tigre 
	© Vivek R. Sinha / WWF

Conflits homme animal

Dans de nombreuses régions du monde, les hommes et les animaux sont de plus en plus en rivalité pour l’espace et la nourriture, à cause de l’accroissement des populations humaines et de la baisse des surfaces d’habitats naturels.
Avec des conséquences souvent dramatiques : des gens qui perdent leurs récoltes, leur bétail et parfois leurs vies. Et aussi des animaux, déjà menacés ou en danger, tués par vengeance ou pour « éviter » de futurs conflits.

Le conflit entre la nécessité de protéger les espèces et les activités humaines est un problème universel, que l’on soit dans les vallées pyrénéennes ou en forêt congolaise. Parfois intenses, ils constituent aujourd’hui l’une des principales menaces à la survie de nombreuses espèces animales.

Sur le territoire national, les mammifères comme l’ours, le loup, le lynx ou plus récemment la loutre pâtissent d’une mauvaise cohabitation avec les activités humaines. Cette relation conflictuelle trouve en partie son origine dans leur comportement prédateur, bien que, pour l’ours, cela demeure très limité.

Avec la cohorte de mythes et de croyances erronées qu’ils traînent derrière eux, leur présence est souvent vécue comme un frein à l’exploitation du milieu naturel et à l’expansion économique, cas du Loup dans les Alpes.

A l’étranger, la perte de l’habitat au profit d'une l’agriculture menée par des petits exploitants ou l'agro-business international est la principale cause de la disparition du tigre ou de l’éléphant.

En Afrique et en Asie, ce dernier est contraint de se déplacer sur des zones de plus en plus restreintes. Fréquemment attaqués, les petits exploitants - souvent vulnérables économiquement - peuvent perdre la totalité de leurs cultures.

Les grandes exploitations sont également affectées par cette bataille sur des terres en constante diminution. A Riau, dans la plus grande province productrice d’huile de palme en Indonésie, les pertes dues aux éléphants sur les plantations de palmiers à huile et propriétés forestières sont estimées à environ 105 millions de dollars par année.

Ces raids sont une cause de mortalité et de représailles. En Inde, plus de 100 personnes sont tuées par des éléphants chaque année, et plus de 200 ont été tués au Kenya  ces 7 dernières années. Du coup, les autorités kenyanes abattent entre 50 et 120 éléphants chaque année et des douzaines sont empoisonnés dans des exploitations de palmiers à huile en Indonésie.

Si des solutions à ces conflits ne sont pas trouvées, le soutien local à la protection de ces espèces baisse. En un siècle, la population totale des éléphants d'Afrique, qui représentait entre 3 et 5 millions d"individus, a diminué pour se situer entre 470 000 à 690 000 individus. Et celle de l’éléphant asiatique, qui atteignait les 100 000 individus, représente aujourd'hui entre 35 000 et 50 000 individus.

C’est la raison pour laquelle le WWF considère que la création des conditions d’une cohabitation pacifique entre l'homme et l'animal est une question prioritaire pour tout travail de protection des espèces menacées.

Cela passe notamment, par l'emploi de méthodes traditionnelles compensant les pertes subies ou le développement de nouvelles stratégies qui s’attaquent aux racines du conflit.

Apprendre à vivre ensemble

 
	© naturepl.com / Ashok Jain / WWF

En Inde, ces pêcheurs portent des masques sur leur nuques afin de se protèger des attaques de tigre. Ils espèrent ainsi duper l'animal qui pourrait les surprendre par derrière.

L'action du WWF

Le WWF et ses partenaires ont plusieurs projets dans le monde entier pour réduire les conflits entre les hommes et les animaux et améliorer le quotidien des personnes concernées.

Dans la région du Terai, au Népal, un des exemples est la restauration des couloirs biologiques dégradés afin de faciliter les mouvements saisonniers. Cela évite aux pachydermes et autres animaux de traverser les habitations humaines dans ces zones protégées.
 
Parmi les autres techniques utilisées, on trouve : l’emploi de dissuasifs à base de piment et tabac afin de les éloigner ou l’éducation et l’amélioration des pratiques des plantations de palmiers à huile en Malaisie et Indonésie.

Dans la plupart des cas, cette approche a permis d'obtenir l'approbation des populations locales quant à la protection de ces espèces.

Pour le WWF, l'important c'est aussi de montrer que les hommes peuvent vivre aux côtés de la faune tout en menant une vie économiquement durable.